Neuf Cegetel, champion !
Près d'un an après son apparition sur les marchés, le groupe dirigé par Jacques Veyrat a remporté une première manche face à son concurrent. Commercialement d'abord : il a raflé à Iliad la place de numéro deux de l'Internet à haut débit (ADSL). Boursièrement ensuite, avec une hausse de son cours de 36% depuis le 25 octobre 2006, quand Iliad est resté stable. Son profil plus défensif a séduit les investisseurs, refroidis en revanche par les incertitudes stratégiques entourant la maison mère de Free, notamment dans la téléphonie mobile.
Le style de croissance constitue la principale différence entre les deux sociétés. Neuf Cegetel est un adepte de la croissance externe, qu'il pratique à répétition : fusion avec Cegetel en 2005, rachats d'AOL France en 2006, puis de Club Internet en 2007... Selon les spécialistes du secteur, il ne manque plus à son tableau de chasse qu'Alice, filiale française de Telecom Italia, «petit» numéro quatre du marché et très isolé. Il est vrai que Neuf, l'ex-LDCom, a acquis un réel savoir-faire dans l'intégration de ses cibles.
Aujourd'hui, son objectif est de faire jouer les effets d'échelle sur l'ensemble du groupe pour améliorer sa rentabilité, inférieure à celle d'iliad, qui affiche une marge brute d'exploitation de 36% (au 30 juin 2007). Neuf Cegetel, qui n'est qu'à 22% actuellement, vise 25% à fin 2008. Grâce aux synergies commerciales et de réseaux dérivées d'AOL et de Club Internet, le pôle grand public devrait être le principal moteur de l'amélioration des profits. D'ici fin 2008, Neuf Cegetel espère avoir fait migrer 90% de ses abonnés sous la bannière Neufbox. Ce qui devrait mécaniquement faire progresser son revenu par abonné ADSL, qui n'est que de 33 euros par mois actuellement, contre 37 euros pour la seule marque Neuf.
