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Télécoms, l'exemple français : de la nécessité de se doter de réseaux mobiles privatifs

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Florence Erpelding, représentante de l’AGURRE

On ne saurait imaginer, aujourd’hui, se retrouver dans l’incapacité d’intervenir efficacement, en cas de situation de crise sur une centrale nucléaire, risque de cyber-attaque, ou d’événement impactant nos aéroports par exemple, parce que nos réseaux de communications ne sont pas assez performants. C’est pour cette raison — bien sûr, ce n’est pas la seule — que nous saluons les récentes décisions de l’Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse) autorisant l’utilisation des fréquences radio pour déployer les premiers réseaux mobiles privatifs à haut débit. Après EDF fin 2019, ce sont Hub One, filiale du Groupe ADP, et Air France qui se sont vus attribuer, hier, les précieuses autorisations.

L’Association des grands utilisateurs de réseaux radio d’exploitation (AGURRE) travaille de concert avec l’Arcep en vue d’accéder aux ressources en fréquences appropriées pour la mise en œuvre de tels réseaux, capables d’assurer la continuité des usages actuels tout en considérant les nouveaux besoins à haut débit. Les 14 membres de l’AGURRE (Groupe ADP, Air France, EDF, RATP, RTE, Groupe Sanef, SNCF Mobilités, SNCF Réseau, Société du Grand Paris, SYTRAL, Teréga, Trandev, Airbus et FNCCR) unissent leurs forces, notamment pour favoriser la mutualisation des expertises et partager les stratégies d’évolutions.

Les réseaux mobiles privatifs, avant tout pour la sécurité, aussi pour soutenir la performance et la compétitivité des acteurs verticaux

De longue date, les acteurs de l’énergie, des transports, des collectivités, appelés les « verticaux », opèrent, pour leurs besoins métiers et sécurité, des réseaux mobiles professionnels. Il s’agit de réseaux dimensionnés sur mesure pour répondre à des exigences et enjeux spécifiques de connectivité. Ils sont conçus pour pouvoir rester opérationnels en permanence y compris et surtout en situation de crise (alors que, dans une telle situation, les réseaux des opérateurs mobiles grand public arrivent à saturation). Ces réseaux professionnels reposent, aujourd’hui, sur des technologies bas débit (2G).

L’identification par l’Arcep de la bande 2,6 GHz TDD, puis les attributions des premières autorisations, ouvrent la voie au déploiement des nouvelles générations de réseaux professionnels 4G, puis 5G. Ils permettront des gains de performance et de compétitivité significatifs. Ainsi, par exemple, la transmission de gros volumes de données et de vidéo en temps réel sera désormais possible sur ces réseaux. La sécurité, les activités d’exploitation, de maintenance et de supervision se verront améliorées.

Les acteurs de nos grands aéroports franciliens bénéficieront largement de cette évolution, pour remplacer les systèmes bas débit proches de l’obsolescence, ainsi que les systèmes WiFi devenus trop limitants.

La France pionnière

La pertinence des choix de l’Arcep reste sans équivoque. Dès 2012, le régulateur avait soulevé la question liée à l’évolution des usages professionnels vers le haut débit mobile. 2012, c’est également l’année de la naissance de l’AGURRE. Sur ces sujets de réseaux privatifs, la France fait figure de pionnière. Depuis, d’autres pays ont suivi. On peut citer par exemple l’Allemagne et le Royaume-Uni. Cela témoigne de la pertinence du virage ainsi négocié et de la nécessité pour l’AGURRE de poursuivre ses efforts afin de consolider, de manière cohérente, les besoins en fréquences, et contribuer, sous l’égide des décideurs publics, à l’usage optimale de ces ressources rares.


Romain

Administrateur de n9ws.com

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