AccueilIntelligence ArtificielleQuelle part du web et des livres est vraiment écrite par l'intelligence...

Quelle part du web et des livres est vraiment écrite par l’intelligence artificielle ?

Entre 10 % et 78 % : selon l’étude à laquelle on se fie, l’estimation de la part de contenu généré par l’intelligence artificielle sur Internet varie du simple au… presque décuple. Deux enquêtes publiées à quelques jours d’intervalle, l’une sur le web dans son ensemble, l’autre sur les livres numériques vendus sur Amazon, remettent le sujet sur le devant de la scène et révèlent surtout à quel point la mesure du phénomène reste un exercice périlleux.

Un tiers des pages web récentes porteraient la trace de l’IA

Selon une étude du Pew Research Center dévoilée le 20 août 2026 et menée sur près de 500 000 pages anglophones, environ 35 % des pages web publiées depuis 2022 porteraient des traces d’une rédaction assistée ou générée par IA. Un chiffre à nuancer immédiatement : d’autres cabinets d’analyse, cités par Siècle Digital, avancent des résultats très différents pour la même période, allant de 10 % de pages présentant des signes marqués de génération automatique jusqu’à des estimations dépassant 70 % selon la méthodologie et le périmètre retenus.

Cet écart s’explique en grande partie par la façon dont chaque détecteur définit un contenu « généré par IA » : texte entièrement rédigé par un modèle, texte simplement retouché ou traduit à l’aide d’un outil, ou encore contenu humain fortement inspiré des tournures typiques des grands modèles de langage.

78 % des livres ésotériques vendus sur Amazon jugés « probablement écrits par IA »

Le cas le plus spectaculaire vient du secteur du livre numérique. La société Originality.ai a publié le 19 août 2026 les résultats d’une analyse portant sur 2 034 ouvrages de la catégorie « Wicca, Witchcraft & Paganism » d’Amazon : 78 % d’entre eux ont été classés comme « probablement écrits par IA » par leur outil de détection. Selon ActuaLitté, qui a relayé l’étude, les ouvrages classés comme probablement générés par IA comptent en moyenne 170 pages et sont vendus 16,84 dollars, contre 208 pages et 18,96 dollars pour les livres jugés « vraisemblablement humains » – un écart qui interroge sur la rentabilité de la production massive de contenus à bas coût dans ce segment de niche.

Les auteurs de l’étude eux-mêmes appellent à la prudence : leur outil produit une probabilité statistique, pas un certificat de naissance littéraire. Un texte humain particulièrement formaté ou un texte généré puis largement réécrit peut brouiller le diagnostic.

Comment les détecteurs repèrent (ou croient repérer) l’IA

  • Une fréquence élevée de tirets longs (« — ») et de constructions en trois éléments, des tics stylistiques fréquents chez les grands modèles de langage.
  • Un usage systématique de la virgule d’Oxford dans les énumérations, plus courant dans les textes générés que chez la moyenne des auteurs humains.
  • Une structure très régulière du texte (titres, sous-titres, listes à puces) qui trahit parfois un contenu produit ou fortement retouché par IA.
  • Des scores de « perplexité » et de « burstiness » linguistique, des mesures statistiques utilisées par les outils de détection pour évaluer la prévisibilité d’un texte.

Pourquoi ces chiffres sont difficiles à comparer

Au-delà des gros titres, la leçon principale de ces publications est méthodologique : selon que l’on mesure des pages web, des livres, du contenu en anglais ou multilingue, du texte entièrement généré ou simplement assisté par IA, les résultats ne parlent tout simplement pas de la même chose. Selon Clubic, qui a comparé plusieurs études récentes, l’IA envahirait en réalité le web « moins vite que prévu », avec environ une page sur dix seulement portant des marqueurs de génération automatique clairement identifiables – loin des estimations les plus alarmistes.

Ce débat rejoint les enjeux plus larges autour de la fiabilité de l’information en ligne, un sujet que nous suivons régulièrement dans notre rubrique Internet – Actus Geek. Pour les professionnels du secteur du livre et de l’édition, la question de la transparence sur l’usage de l’IA se pose aussi de plus en plus, comme en témoignent nos articles dans la rubrique Actualité Littéraire. Plus largement, ces enquêtes illustrent la difficulté à quantifier un phénomène technologique qui évolue plus vite que les outils censés le mesurer, un défi que l’on retrouve dans l’ensemble de notre couverture Numérique – High Tech.

Questions fréquentes

Peut-on vraiment savoir avec certitude si un texte a été écrit par une IA ?

Non, pas avec une certitude absolue. Les outils de détection comme celui d’Originality.ai produisent une probabilité statistique basée sur des indices stylistiques, pas une preuve formelle. Un texte humain peut être classé à tort comme généré par IA, et inversement.

Pourquoi les estimations varient-elles autant d’une étude à l’autre ?

Parce que chaque étude mesure un périmètre différent : certaines analysent uniquement le texte intégralement généré, d’autres incluent le contenu simplement retouché ou traduit par IA, et les échantillons de pages ou de livres analysés diffèrent également.

La catégorie des livres ésotériques sur Amazon est-elle représentative de l’ensemble du catalogue ?

Non. L’étude d’Originality.ai porte spécifiquement sur la catégorie « Wicca, Witchcraft & Paganism », un segment de niche connu pour attirer une production éditoriale à bas coût. Les résultats ne peuvent pas être extrapolés tels quels à l’ensemble des livres numériques vendus sur la plateforme.

Sources

Siècle Digital — Quelle part du Web est désormais écrite par l’IA ?
ActuaLitté — Sorcellerie sur Amazon : 78 % des livres testés semblent écrits par IA
Clubic — L’IA envahit le web moins vite que prévu

Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale

Amandine Tassin
Amandine Tassin
Signature éditoriale de la rédaction de n9ws.com — nom de plume assumé de l'équipe du site, et non une personne réelle. Les articles publiés sous cette signature sont rédigés avec l'assistance d'une intelligence artificielle, sous la responsabilité éditoriale du site.