La ruée mondiale vers les puces destinées à l’intelligence artificielle a un effet collatéral inattendu : elle vide les usines de composants nécessaires aux smartphones. Résultat, selon les derniers chiffres du cabinet IDC, les prix des smartphones atteignent des sommets et l’entrée de gamme est en train de disparaître.
Nous vous parlions déjà, au deuxième trimestre 2026, d’un marché tombé à son plus bas niveau en treize ans. Depuis, la situation ne s’est pas arrangée : sur l’ensemble de l’année, IDC prévoit désormais un recul des livraisons mondiales de 13,9 %, à environ 1,09 milliard d’unités — un plancher plus vu depuis 2013.
Pourquoi l’IA vide les stocks de puces mémoire
La cause n’est plus un simple ralentissement de la demande : elle vient directement du secteur de l’intelligence artificielle. Les fabricants de mémoire DRAM et NAND flash concentrent leur production sur les puces destinées aux serveurs d’IA, bien plus rentables, au détriment des composants grand public. Cette réorientation a fait grimper les prix contractuels de la DRAM de 50 à plus de 90 % en un trimestre, et ceux de la mémoire NAND de plus de 70 %, selon les données relayées par la presse spécialisée.
Conséquence directe pour l’industrie du smartphone : la mémoire, qui représente aujourd’hui entre 15 et 20 % du coût matériel d’un modèle milieu de gamme, pourrait bientôt peser pour plus d’un tiers de la facture totale d’un appareil d’entrée de gamme.
Le prix moyen d’un smartphone franchit un nouveau seuil
Selon Nabila Popal, analyste chez IDC, citée dans le dernier rapport du cabinet : « la crise de pénurie de mémoire, de plus en plus profonde, reste le principal moteur de cette chute record d’environ 14 % cette année, mais elle n’est plus la seule cause ». Le prix de vente moyen d’un smartphone atteindrait désormais 550 dollars, en hausse d’une centaine de dollars par rapport à 2025.
- Recul mondial des livraisons : -13,9 % en 2026, au plus bas depuis 2013
- Prix moyen mondial en hausse d’environ 100 dollars sur un an
- Segment Moyen-Orient/Afrique, plus dépendant de l’entrée de gamme : -23 %
- Amérique du Nord, marché plus premium : recul limité à -6,3 %
L’entrée de gamme, premier segment sacrifié
Ce sont les modèles les moins chers qui encaissent le plus fort choc. Les appareils vendus sous la barre des 100 dollars, qui représentaient encore 170 millions d’unités écoulées en 2025, deviennent économiquement de moins en moins viables pour les fabricants : la part de la mémoire dans leur coût de fabrication grimpe trop vite pour rester compatible avec un prix de vente aussi bas. Des séries pourtant positionnées comme accessibles, à l’image du Samsung Galaxy A18, illustrent la difficulté croissante à tenir un tarif d’appel tout en embarquant davantage de mémoire pour faire tourner les fonctions d’IA embarquée.
Sur le segment des composants eux-mêmes, des acteurs comme le fondeur chinois CXMT tentent de peser sur le marché des puces mémoire dédiées à l’IA, sans que cela suffise pour l’instant à desserrer la pression sur l’offre disponible pour les smartphones.
Ce que cela change pour les acheteurs
Pour le consommateur, la conséquence est concrète : les modèles vraiment bon marché se raréfient, et les décotes habituelles sur les gammes d’entrée s’amenuisent. Les analystes tablent sur une poursuite de la hausse des prix contractuels de la mémoire dans les prochains mois, ce qui laisse penser que la tendance ne devrait pas s’inverser avant 2027.
Questions fréquentes
Pourquoi la mémoire des smartphones coûte-t-elle plus cher en 2026 ?
Parce que les fabricants de puces DRAM et NAND flash privilégient la production destinée aux serveurs d’intelligence artificielle, plus rentable, ce qui réduit l’offre disponible pour l’électronique grand public et fait grimper les prix contractuels.
Quels smartphones sont les plus touchés par cette hausse ?
Les modèles d’entrée de gamme, notamment ceux vendus sous la barre des 100 dollars, sont les plus fragilisés : la part de la mémoire dans leur coût de fabrication augmente plus vite que sur les modèles premium.
Cette pénurie va-t-elle durer ?
Selon les projections des analystes du secteur, la tension sur les prix de la mémoire devrait se poursuivre au moins jusqu’en 2027, le temps que l’offre s’adapte à la demande liée à l’intelligence artificielle.
Sources
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale


