Il aura fallu attendre la fin du mois d’août pour assister à l’un des coups les plus singuliers de l’histoire littéraire française récente. Antoine Volodine vient de publier, sous le pseudonyme Infernus Iohannes, onze romans chez onze éditeurs différents, tous parus le même jour. Un geste éditorial hors norme qui vient clore quarante ans d’un édifice littéraire à part : le post-exotisme.
Une performance éditoriale inédite
Entre le 24 et le 28 août, onze ouvrages ont été mis en vente simultanément, chacun édité par une maison différente : parmi elles, des éditeurs installés comme Seuil, Actes Sud, Robert Laffont ou Minuit, mais aussi des structures plus confidentielles telles que La Volte ou Verdier. Chaque maison a reçu un objet littéraire pensé pour son propre catalogue, tout en participant à une seule et même œuvre éclatée : l’ensemble forme « Retour au goudron », une hendécalogie – littéralement une œuvre en onze parties – signée d’un seul et même auteur caché derrière onze couvertures distinctes.
Le procédé n’a pas d’équivalent connu dans l’édition française : jamais un même texte d’auteur n’avait été à ce point démultiplié, avec des formes volontairement différentes d’un livre à l’autre.
Le post-exotisme, quarante ans d’un édifice littéraire singulier
Le nom d’Antoine Volodine recouvre en réalité un système d’hétéronymes bâti depuis les années 1980 par l’écrivain, dont l’identité civile reste distincte de ses signatures littéraires. Ce mouvement que l’auteur a lui-même baptisé post-exotisme se caractérise par :
- des récits situés dans des mondes en ruine, marqués par l’échec et le désastre ;
- une multiplicité de voix et de pseudonymes qui brouillent la notion d’auteur unique ;
- un humour noir revendiqué, mêlé à une gravité politique et poétique ;
- une reconnaissance critique confirmée par le prix Médicis obtenu en 2014 pour « Terminus radieux ».
Avec cette parution collective, l’auteur affirme vouloir refermer cet édifice construit patiemment depuis quatre décennies, sans pour autant renoncer à l’écriture elle-même.
« Retour au goudron » : les mots de la fin
Loin d’une simple répétition, les onze textes explorent des formes littéraires variées : nouvelles, contes, dialogues ou récits accompagnés de photographies. Chaque éditeur a ainsi reçu un objet littéraire taillé sur mesure, tout en participant à la même œuvre dispersée. Le dernier volume de la série se referme sur deux mots que l’auteur annonçait depuis plusieurs décennies : « Je me tais », scellant symboliquement la fin du grand œuvre post-exotique.
Une rentrée littéraire sous les feux de l’actualité
Cette parution s’inscrit dans une rentrée particulièrement dense, avec 461 romans attendus en librairie entre août et octobre. Quelques jours plus tôt, c’est le prix Méduse, premier prix littéraire de la saison, qui avait ouvert le bal en récompensant un premier roman consacré à l’exil. Le geste d’Antoine Volodine, lui, s’adresse directement aux maisons d’édition, en démontrant qu’un même texte peut irriguer des catalogues aussi différents que ceux du Seuil ou d’un petit éditeur indépendant.
Pour les grands prix d’automne, Goncourt, Renaudot, Femina et Médicis seront décernés début novembre : reste à savoir si cette œuvre éclatée en onze volumes, difficile à classer dans une seule sélection, y trouvera sa place.
Questions fréquentes
Qui est Antoine Volodine ?
Antoine Volodine est le pseudonyme le plus connu d’un écrivain français qui publie depuis les années 1980 sous plusieurs identités fictives, fondateur du mouvement littéraire qu’il a nommé post-exotisme.
Qu’est-ce que le post-exotisme ?
Il s’agit d’un ensemble littéraire construit autour de récits d’échec et de mondes en ruine, porté par une multitude d’hétéronymes qui brouillent la frontière entre auteur et personnage.
Où trouver les onze romans d’Infernus Iohannes ?
Les onze titres réunis sous « Retour au goudron » sont disponibles en librairie depuis fin août, chacun chez son éditeur d’origine, du Seuil à des maisons plus confidentielles comme La Volte ou Verdier.
Sources
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale


