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Apprentissage dans l’artisanat : pourquoi la courbe s’inverse après treize ans de hausse

L’apprentissage dans l’artisanat vivait, depuis plus d’une décennie, une progression presque ininterrompue. Ce cycle vient de s’arrêter : selon le réseau des Chambres de Métiers et de l’Artisanat (CMA France), le nombre de jeunes formés dans les métiers de l’artisanat recule pour la première fois depuis 2013. Un retournement qui inquiète autant les centres de formation que les artisans eux-mêmes, déjà confrontés à d’autres difficultés structurelles.

Un retournement après treize ans de hausse continue

Depuis 2013, les effectifs d’apprentis dans les métiers de l’artisanat n’avaient cessé de progresser, année après année, portés par l’image valorisée de filières offrant un accès rapide à l'emploi. La rentrée 2026 marque donc une rupture symbolique. Le réseau des CMA évoque un recul des effectifs de l’ordre de 6 % à l’échelle nationale, un chiffre confirmé par plusieurs chambres régionales qui constatent le même mouvement sur leur territoire. Ce n’est pas un simple ralentissement de la croissance : c’est, pour la première fois en plus de dix ans, une baisse nette du nombre de jeunes qui s’engagent dans ces filières d’emploi et de formation.

Ce sujet complète un constat déjà posé sur la pénurie de main-d’œuvre dans le secteur, documentée dans notre article sur l’accès plus difficile à l’apprentissage face au manque de candidats : la question n’est plus seulement de trouver des jeunes motivés, mais de pouvoir financer les places de formation qui leur sont destinées.

Des aides à l’apprentissage revues à la baisse

La principale explication avancée par les chambres consulaires tient aux finances. Depuis septembre 2025, le niveau de prise en charge des contrats d’apprentissage a été réduit, ce qui a entraîné, selon le réseau, une perte évaluée à environ 30 millions d’euros pour les centres de formation d’apprentis liés aux CMA sur l’année 2025. Cette baisse de financement pèse directement sur la capacité des chambres à maintenir l’ensemble de leurs sections, notamment dans les filières les plus coûteuses à faire fonctionner.

Cette contrainte budgétaire s’ajoute à un contexte déjà tendu pour les entreprises artisanales, entre hausse des coûts et prudence dans les recrutements. Nous l’évoquions récemment à propos du budget consacré aux aides destinées aux artisans, où l’apprentissage figurait déjà parmi les lignes sous surveillance.

Des chambres contraintes de fermer des sections de formation

Concrètement, plusieurs chambres de métiers ont dû geler ou fermer certaines sections de formation depuis 2024, un mouvement qui s’est amplifié en 2025. L’exemple de la région Nouvelle-Aquitaine illustre l’ampleur du phénomène : les centres de formation liés à la CMA y comptaient 10 676 apprentis à la rentrée 2026, contre 11 275 un an plus tôt, soit environ 600 jeunes de moins en un an. Le secteur des services y est le plus touché, avec un repli qui y dépasse largement la moyenne régionale.

  • Premier recul des effectifs d’apprentis dans l’artisanat depuis 2013
  • Environ 6 % de baisse nationale évoquée par le réseau des CMA pour la rentrée 2026
  • Près de 30 millions d’euros de financement en moins pour le réseau en 2025
  • Des sections de formation gelées ou fermées dans plusieurs territoires depuis 2024

Pour les chambres consulaires, l’enjeu dépasse la seule question budgétaire : c’est la capacité du secteur à renouveler sa main-d’œuvre qui est en cause, à un moment où de nombreux dirigeants s’interrogent déjà sur la transmission de leur entreprise dans les années à venir. Un apprenti formé aujourd’hui est, pour beaucoup d’ateliers, le repreneur ou le salarié qualifié de demain.

Face à cette situation, CMA France pousse par ailleurs d’autres pistes pour sécuriser les parcours, comme l’instauration d’une formation obligatoire à la gestion pour les créateurs d’entreprise, signe que le réseau cherche à consolider l’ensemble du parcours, de l’apprentissage jusqu’à la création ou la reprise d’activité. Ces pistes relèvent toutefois de propositions, et non de mesures déjà actées : leur mise en œuvre dépendra des décisions prises par les pouvoirs publics dans les prochains mois.

Questions fréquentes

Pourquoi le nombre d’apprentis recule-t-il dans l’artisanat ?

Le réseau des Chambres de Métiers et de l’Artisanat avance principalement la baisse du niveau de prise en charge des contrats d’apprentissage, effective depuis septembre 2025, qui réduit les ressources disponibles pour financer les formations.

Ce recul touche-t-il tous les métiers de l’artisanat de la même façon ?

Non. Les données régionales disponibles, comme celles de Nouvelle-Aquitaine, montrent que le secteur des services est pour l’instant le plus affecté, devant le bâtiment et les métiers de la vente.

Des sections de formation ont-elles déjà fermé ?

Oui, plusieurs chambres de métiers ont indiqué avoir dû geler ou fermer certaines sections depuis 2024, un mouvement que les responsables du réseau jugent amplifié depuis 2025.

Sources

Artisanat.fr — portail des Chambres de Métiers et de l’Artisanat,
Bouger à Bordeaux — effectifs d’apprentis en Nouvelle-Aquitaine,
Le Journal des Entreprises — baisse des aides à l’apprentissage.

Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale

Nathalie Chambon
Nathalie Chambon
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