67 %, 18 % ou 32 % : combien d’entreprises françaises utilisent vraiment l’intelligence artificielle ? Trois institutions sérieuses ont publié leur propre mesure en 2026, et les trois chiffres racontent trois histoires différentes. Loin d’être une incohérence, cet écart révèle surtout à quel point mesurer l’adoption de l’IA dans l’économie reste un exercice délicat, et pourquoi il faut lire ces statistiques avec méthode avant d’en tirer une conclusion.
Trois instituts, trois définitions de « utiliser l’IA »
La Banque de France a interrogé environ 7 000 entreprises de son enquête mensuelle de conjoncture entre fin février et début avril 2026 : résultat, 67 % des entreprises d’au moins 20 salariés déclarent utiliser l’IA générative, avec un écart net selon la taille (64 % pour les plus petites structures du périmètre, 83 % pour les grands groupes). De son côté, l’Insee retient une définition plus stricte : seules les entreprises de 10 salariés ou plus ayant mis en place au moins une technologie d’IA de façon organisée au sein de leurs services sont comptées, ce qui ramène le taux à 18 % en 2025, contre 10 % un an plus tôt. Entre les deux, d’autres études, comme celles évoquées dans le baromètre France Num sur l’adoption de l’IA dans les PME, retiennent encore d’autres seuils.
Pourquoi un tel écart de méthode
La différence ne vient pas d’un désaccord sur les faits, mais sur ce qui est compté. La Banque de France comptabilise tout usage, même ponctuel et individuel, d’un outil d’IA générative grand public par un salarié. L’Insee, lui, ne retient que l’usage structuré, décidé et organisé par l’entreprise elle-même, indépendamment des pratiques spontanées de son personnel. Un même salarié qui utilise un assistant conversationnel pour rédiger un courrier n’est donc compté que dans la première mesure. C’est cette différence de périmètre, documentée par les deux institutions elles-mêmes, qui explique l’essentiel de l’écart entre 67 % et 18 %, bien plus qu’une divergence sur la réalité du terrain.
Le vrai point faible : la productivité, pas l’adoption
Sur un point, les deux enquêtes s’accordent : l’IA se diffuse vite, mais ses effets concrets sur la productivité restent, pour l’instant, limités. Seules 31 % des entreprises utilisatrices interrogées par la Banque de France rapportent un gain de productivité déjà constaté, et 38 % citent le manque de cas d’usage clairs comme principal frein. Le constat rejoint ce que montrent déjà certains déploiements ciblés, comme les agents IA appliqués à des tâches précises d’automatisation : les gains existent surtout quand l’usage est cadré, et beaucoup moins quand l’outil est adopté sans réflexion sur le cas d’usage.
Ce que ces chiffres changent pour les dirigeants de PME
Pour un dirigeant qui compare sa propre entreprise à « la moyenne », le bon réflexe est de regarder la définition retenue derrière le pourcentage plutôt que le chiffre brut. Une adoption large mais superficielle (quelques salariés qui testent un assistant IA de leur propre initiative) ne produit pas les mêmes effets qu’une intégration pensée dans les process. Dans un contexte où la conjoncture économique française reste tendue, comme le rappelle le bilan économique de l’été 2026, les entreprises ont tout intérêt à cibler l’IA sur des cas d’usage mesurables plutôt qu’à viser une adoption générale dont le seul mérite serait statistique.
Questions fréquentes
Pourquoi la Banque de France et l’Insee donnent-elles des chiffres aussi différents ?
Parce qu’elles ne mesurent pas la même chose : la Banque de France compte tout usage d’IA générative, même individuel et ponctuel, tandis que l’Insee ne retient que l’usage organisé au niveau de l’entreprise.
L’IA améliore-t-elle vraiment la productivité des entreprises françaises ?
Pas encore massivement : selon l’enquête de la Banque de France, seules 31 % des entreprises utilisatrices constatent un gain de productivité concret à ce stade.
Les grandes entreprises adoptent-elles plus l’IA que les petites ?
Oui, nettement : l’enquête de la Banque de France relève 83 % d’adoption chez les grandes entreprises contre 64 % chez les plus petites structures de son périmètre.
Sources
Banque de France · Boursorama · La Clé Publique
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale


