jeudi, février 25, 2021
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Paris, ville d’une lumière plus durable

Rester la Ville Lumière tout en réduisant significativement le coût de l’éclairage public et de la signalisation lumineuse tricolore, c’est la délicate équation que doit résoudre la ville de Paris au cours des prochaines années. Pour ce faire, elle a lancé un appel d’offres public qui la liera à une entreprise privée pour une durée de dix ans. Le choix du futur opérateur est donc crucial afin que Paris reste la ville lumière, une lumière plus respectueuse de l’environnement.                                       

Un engagement de longue date à pérenniser

La volonté de la Mairie de Paris de lutter contre le réchauffement climatique et donc de réduire son bilan carbone n’est pas nouvelle. Déjà, en 2007, la ville avait adopté un Plan Climat Energie Territorial, une politique de développement durable visant à intégrer l’enjeu de la lutte contre le changement climatique dans la plupart de ses domaines d’actions. Cet engagement a été renouvelé par la maire Annie Hidalgo via un nouveau Plan Climat Air Energie Territorial en 2018. Les objectifs fixés par ce plan décennal sont ambitieux puisqu’ils prévoient une réduction de 50% des émissions locales de gaz à effet de serre et de 40% de l’empreinte carbone par rapport aux niveaux de 2004. Dan Lert, adjoint en charge du Plan Climat et de la transition écologique à la Mairie de Paris rappelle qu’ « il faut agir à tous les niveaux, en particulier celui des villes ».

La municipalité parisienne va pouvoir jouer sur le levier de l’éclairage public, source notable d’émissions de dioxyde de carbone. Or, la Mairie de Paris doit prochainement faire un choix important puisqu’elle a lancé un appel d’offres relatif à l’éclairage public, le contrat actuel prenant fin en 2021. L’enjeu est considérable car, comme le rappelait Emmanuel Grégoire, premier adjoint en charge de l’urbanisme, de l’architecture, du Grand Paris et des relations avec les arrondissements, l’éclairage est le plus gros marché public de la ville et représente à lui seul un milliard d’euros.

Une marge de progression non négligeable

Évidemment, la Mairie de Paris n’a pas attendu l’échéance prochaine pour rendre l’éclairage de la ville plus vertueux. Depuis 2015 les vieilles ampoules à sodium sont peu à peu remplacées par des diodes électroluminescentes, plus communément appelées LED, beaucoup moins énergivores. De plus, quasiment 100% des nouvelles installations sont des luminaires à LED. Les 380 lanternes de la partie piétonne des Champs-Elysées et les 640 vasques historiques des arcades de la rue de Rivoli, côté premier arrondissement, sont désormais toutes équipées de LED. D’après une estimation de la mairie de Paris, 34 000 points lumineux sont aujourd’hui équipés de cette technologie.

Grâce à cela, la Ville a déjà réalisé une économie d’énergie de 23% sur l’éclairage public. Pourtant comparé aux 345 000 points lumineux que compte la capitale, dont 192 000 d’éclairage public, c’est finalement assez peu et l’on mesure combien la marge de progression est importante. Sancerre, une commune du Cher de 1 400 habitants, a réduit sa facture de 70% depuis que ses rues sont éclairées par des LED. On comprend rapidement l’importance des économies à réaliser pour une ville comme Paris lorsqu’elle sera dotée d’un éclairage public entièrement équipé de LED.

De nouvelles technologies au service de l’environnement

Outre le déploiement massif des LED, la Mairie de Paris devra également opérer son choix au regard des prestations proposées en matière de télégestion. Elle permet de réguler l’intensité de l’éclairage en fonction, par exemple, de la météo, du passage d’un piéton, d’un cycliste ou d’une voiture et non plus de laisser les lampadaires allumés toute la nuit. « Cette gestion par les capteurs et le « big data » permet d’économiser 30 à 40% d’énergie et on réduit aussi la pollution lumineuse », pointe Jacques Priol, fondateur du cabinet de conseil Civiteo. Pour l’instant, ce système n’est à l’œuvre que dans une seule artère, la rue Antoine Bourdelle, dans le XVe arrondissement, mais la ville de Paris vise l’excellence comme à Copenhague (capitale du Danemark) ou plus près de nous, à Dijon et Montargis qui ont fait le pari gagnant d’une gestion dite « intelligente ».

Un plan lumière à respecter

Preuve supplémentaire que l’équipe municipale de Paris a bien conscience de l’enjeu représenté par l’éclairage public, elle a adopté le 2 avril 2019 un plan lumière visant à faire de Paris « une ville lumière responsable ». Ce plan reprend les objectifs de réduction de la consommation d’énergie de la capitale et de lutte contre la population lumineuse, et précise que cette politique ambitieuse doit être mise en œuvre sans pour autant renoncer à la mise en valeur du patrimoine exceptionnel de la ville, notamment la nuit, ni nuire à la sécurité et au bien-être des Parisiens et des Parisiennes. Comme l’explique Emmanuel Grégoire, l’enjeu de ce plan est de conserver « l’attractivité touristique de la ville lumière, tout en prenant en compte la soutenabilité et le respect de la vie animale ». Ce plan lumière a d’ailleurs été intégré au cahier des charges de l’appel d’offres relatif à l’éclairage public. Il ne reste plus qu’à la municipalité parisienne de faire un choix éclairé.

Nathalie Chambon
Fan de décoration et de design, j'en fais désormais mon métier, notamment grâce à ce journal où je viens parler de déco, de mode et des dernières tendances en terme d'architecture.

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