Votre facture d’électricité vous paraît lourde, mais lourde par rapport à quoi ? Pour le savoir, le meilleur repère n’est ni la moyenne nationale ni le voisin de palier : c’est la consommation d’électricité par commune, désormais publiée pour plus de 32 000 communes françaises. En la rapprochant de votre propre relevé annuel, vous saurez en quelques minutes si votre foyer se situe dans la norme locale ou s’il consomme nettement plus que ceux qui vivent sous le même climat, dans le même type de logement.
Une étude qui met enfin chaque commune sur la même échelle
Le site Comparons l’énergie a publié le 25 octobre 2026 une étude intitulée « Le vrai coût de l’électricité dans chaque département ». Sa nouveauté : rapprocher trois jeux de données publics que personne ne croisait jusqu’ici. D’abord la consommation des 34 229 966 compteurs résidentiels gérés par Enedis, mesurée en 2025 et comparée à 2019, à l’échelle du département et de la commune. Ensuite le niveau de vie médian calculé par l’INSEE (Filosofi 2023). Enfin la grille du Tarif Bleu fixée par la CRE, en option Base 6 kVA au 1er août 2026 : 190,81 € d’abonnement par an et 0,2001 € le kilowattheure.
De ce croisement sort une facture type calculée de la même façon partout, ce qui rend les territoires comparables entre eux. Pour un particulier, l’intérêt est très concret : l’outil en ligne permet de comparer la consommation de sa commune à celle de son département et de la France, puis de s’y mesurer soi-même. Au niveau national, un foyer raccordé au réseau Enedis a consommé en moyenne 4 126 kWh en 2025, contre 4 559 kWh en 2019, soit une baisse de 9,5 %.
Étape 1 : retrouver sa propre consommation annuelle
Avant toute comparaison, il faut un chiffre fiable pour son foyer, exprimé en kilowattheures sur douze mois. Trois sources sont à portée de main :
- La facture annuelle de régularisation : elle récapitule la consommation relevée sur l’année écoulée. Les factures intermédiaires, elles, reposent parfois sur des estimations.
- L’espace client en ligne du fournisseur, ou celui du gestionnaire de réseau, qui affiche en général l’historique des consommations mois par mois et le total sur un an.
- Le compteur Linky lui-même, dont l’écran fait défiler les index : en notant l’index à un an d’intervalle, la différence donne la consommation de la période.
Prenez de préférence une année complète et récente, qui couvre un hiver entier : une consommation relevée d’avril à septembre ne dit rien du chauffage.
Étape 2 : interroger le module « Et dans votre commune ? »
Le module de l’étude fonctionne en deux temps : on choisit son département, puis sa commune. Pour chacune, il affiche la consommation moyenne par foyer en 2025 et en 2019, la facture type qui en découle, l’écart avec la moyenne du département et avec celle de la France, et enfin le rang de la commune. Ce rang est établi parmi les 25 217 communes de 100 compteurs et plus, la première étant celle où l’on consomme le plus par foyer.
La facture type se recalcule facilement à la main : abonnement annuel de 190,81 €, plus la consommation multipliée par 0,2001 €. Appliquée aux 2 602 kWh d’un foyer parisien moyen, la formule donne 711 € par an. Le même calcul avec votre consommation donne un repère à grille égale.
Les grandes villes, toutes sous la moyenne nationale
Les chiffres des grandes métropoles montrent à quel point le lieu de vie pèse sur le résultat. Toutes se situent nettement sous les 4 126 kWh nationaux :
| Commune | kWh par foyer en 2025 | kWh par foyer en 2019 | Évolution | Rang sur 25 217 |
|---|---|---|---|---|
| Paris | 2 602 | 2 941 | −11,5 % | 24 885e |
| Marseille | 3 210 | 3 643 | −11,9 % | 24 061e |
| Lyon | 2 655 | 2 985 | −11,1 % | 24 841e |
| Toulouse | 2 679 | 3 087 | −13,2 % | 24 818e |
| Nice | 2 932 | 3 224 | −9,1 % | 24 513e |
| Bordeaux | 2 940 | 3 360 | −12,5 % | 24 501e |
| Nantes | 2 475 | 2 833 | −12,6 % | 24 994e |
| Lille | 2 886 | 3 228 | −10,6 % | 24 584e |
L’écart avec le département est souvent spectaculaire. Un foyer toulousain consomme en moyenne 2 679 kWh, quand la moyenne de la Haute-Garonne atteint 3 942 kWh. À Bordeaux, on relève 2 940 kWh contre 4 302 kWh pour l’ensemble de la Gironde ; à Lille, 2 886 kWh contre 3 801 kWh dans le Nord. La raison est connue : en ville, on vit majoritairement en appartement, plus petit et mieux protégé du froid par les logements voisins, et souvent chauffé au gaz ou par un réseau de chaleur. L’étude relève d’ailleurs une corrélation de −0,57 entre la part d’appartements et la consommation par foyer.
Comment interpréter un écart avec sa commune
Constater que l’on consomme nettement plus que la moyenne de sa commune n’a rien d’alarmant en soi. La moyenne locale est un repère, pas une norme : elle mélange petits studios et grandes maisons, foyers d’une personne et familles nombreuses. Quatre facteurs expliquent l’essentiel des différences.
Le mode de chauffage
C’est le premier poste quand il est électrique. Un logement chauffé par convecteurs consomme bien davantage qu’un logement voisin chauffé au gaz ou au bois, qui n’utilise l’électricité que pour l’éclairage et les appareils. À l’échelle du pays, la part de la consommation qui dépend de la température est passée de 25,2 % en 2019 à 19,9 % en 2025 : c’est surtout le chauffage électrique qui recule, grâce à la sobriété, à l’isolation et au remplacement des radiateurs par une pompe à chaleur.
Le chauffe-eau
Un ballon électrique pèse lourd dans le total annuel, surtout s’il est surdimensionné ou réglé trop chaud.
La surface et l’isolation
Une grande maison ne se compare pas à un deux-pièces. Si votre logement est vaste et ancien, un écart important est attendu ; il peut en revanche signaler des déperditions, auquel cas l’isolation de la toiture est souvent le premier chantier à étudier.
Le nombre d’occupants et les équipements
Chaque occupant ajoute des douches, des lessives et des heures d’écran. Un lave-linge qui tourne tous les jours, un congélateur ancien ou une piscine changent la donne. Si l’écart persiste une fois ces éléments pris en compte, quelques gestes simples permettent de réduire sa facture d’électricité au quotidien.
Les pièges à éviter avant de conclure
- Un foyer, c’est un compteur. Enedis compte des compteurs résidentiels actifs, pas des ménages. Résidences secondaires, logements vacants et dépendances entrent dans la moyenne.
- Les communes touristiques paraissent sobres. Un chalet ou une maison de vacances occupés quelques semaines par an consomment peu et tirent la moyenne vers le bas.
- Les petites communes ne sont pas classées. Sous 100 compteurs, la commune n’a pas de rang : quelques foyers atypiques suffiraient à fausser la moyenne. Le département reste alors le meilleur repère.
- La facture type n’est pas votre facture. Elle ignore les offres de marché, les heures creuses, Tempo et les puissances supérieures à 6 kVA.
- Le périmètre a des bords. La Corse et l’outre-mer ne sont pas couverts, et dans dix départements une entreprise locale de distribution dessert une part notable des foyers, ce qui rend les moyennes moins complètes.
Aller plus loin avec les fiches et les fichiers
Au-delà du module, l’étude propose une fiche pour chacun des 94 départements, avec la liste des communes les plus gourmandes et les plus sobres, ainsi que des cartes et un classement triable. Les résultats complets sont téléchargeables en deux fichiers tableur, l’un pour les départements, l’autre pour les communes. Ils seront actualisés chaque année avec le nouveau millésime Enedis : de quoi refaire le test l’an prochain.
Questions fréquentes
Ma commune n’apparaît pas dans le classement, pourquoi ?
Seules les communes d’au moins 100 compteurs résidentiels reçoivent un rang, soit 25 217 sur les 32 069 couvertes. Enedis ne publie par ailleurs aucune donnée pour les communes de moins de 10 compteurs, et les foyers desservis par une entreprise locale de distribution échappent à ses chiffres.
Consommer plus que sa commune signifie-t-il qu’on gaspille ?
Pas nécessairement. Un logement chauffé à l’électricité, une famille nombreuse ou une grande maison consomment logiquement plus qu’une moyenne dominée par des appartements. L’écart est un signal à analyser, pas un verdict.
La consommation des foyers baisse-t-elle partout ?
Oui. Entre 2019 et 2025, aucun des 94 départements couverts n’a vu sa consommation par foyer augmenter. La baisse est de 9,3 % une fois corrigée des effets du climat, et elle est plus forte là où le chauffage électrique est répandu.
Sources
- Enedis Open Data : consommation et thermosensibilité d’électricité par département
- INSEE : Filosofi, revenus et niveau de vie
- CRE : données ouvertes sur les tarifs réglementés
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale


