Après plus d’une décennie de progression continue, l’apprentissage dans l’artisanat connaît un coup d’arrêt. Pour la première fois depuis 2013, le réseau des Chambres de Métiers et de l’Artisanat (CMA) enregistre un recul des effectifs d’apprentis, de l’ordre de 6 % à l’échelle nationale. Un renversement qui inquiète autant les centres de formation que les professionnels du secteur, déjà confrontés à des difficultés de recrutement.
Un recul inédit depuis treize ans
Chaque année, plus de 110 000 jeunes suivent une formation en apprentissage dans les CFA du réseau des CMA, dont près de 90 % préparent un diplôme de niveau Bac ou infra-Bac. C’est précisément ce socle qui s’effrite : plusieurs chambres régionales constatent un décrochage marqué dès cette rentrée. En Nouvelle-Aquitaine, le réseau CMA Formation compte 599 apprentis de moins qu’à la même période l’an dernier, soit une baisse de 5 %, avec un repli de 15 % dans les services et de 10 % dans le bâtiment. En Mayenne, la filière a perdu environ 200 alternants en un an.
Le secteur reste pourtant l’un des plus dynamiques du tissu économique français : le nombre de créations d’entreprises artisanales a atteint un record ces derniers mois, preuve que la demande de main-d’œuvre qualifiée ne faiblit pas, elle.
La baisse des aides à l’apprentissage en cause
Les CMA pointent directement la révision successive des niveaux de prise en charge des contrats d’apprentissage par les pouvoirs publics. Ces ajustements, répétés depuis deux ans, se traduiraient par une baisse moyenne de 8 % des moyens alloués aux centres de formation. Conséquence concrète sur le terrain : des fermetures ou des gels de sections, en particulier dans les territoires ruraux et sur les métiers pourtant en tension, comme la boulangerie, la plomberie ou l’électricité. Cette fragilité financière survient alors que le secteur fait aussi face à une pénurie de main-d’œuvre déjà qualifiée de record par les chambres consulaires.
Des conséquences inégales selon les territoires et les métiers
Le repli ne touche pas tous les métiers avec la même intensité. Les services administratifs et à la personne enregistrent les baisses les plus fortes, tandis que le bâtiment, pourtant structurellement en tension, n’est pas épargné. Cette hétérogénéité illustre la diversité d’un secteur qui couvre des centaines de professions, de l’alimentaire à la fabrication en passant par les services, une diversité que la nouvelle nomenclature officielle des activités artisanales a justement cherché à mieux refléter.
Les chambres de métiers appellent à un sursaut
Face à ce qu’elles qualifient de risque de « spirale catastrophique », les CMA demandent au gouvernement un pilotage stratégique du financement de l’apprentissage et une révision des niveaux de prise en charge. L’enjeu dépasse la seule question budgétaire : c’est la capacité du secteur à renouveler ses générations de professionnels qui est en jeu, à un moment où plusieurs métiers artisanaux manquent déjà de bras.
- -6 % : le recul national des effectifs d’apprentis dans les CFA des CMA, une première depuis 2013
- 110 000 apprentis formés chaque année dans le réseau des CMA
- -8 % de moyens en moyenne pour les centres de formation, du fait de la révision des niveaux de prise en charge
- -599 apprentis en Nouvelle-Aquitaine sur un an, soit -5 %
Questions fréquentes
Pourquoi le nombre d’apprentis recule-t-il dans l’artisanat ?
La principale cause avancée par les Chambres de Métiers et de l’Artisanat est la révision à la baisse des niveaux de prise en charge des contrats d’apprentissage, qui réduit les moyens des centres de formation et pousse certains à fermer ou geler des sections.
Quels métiers sont les plus touchés par cette baisse ?
Les services administratifs et à la personne affichent les reculs les plus marqués dans certaines régions, mais le bâtiment, pourtant en tension de recrutement, enregistre lui aussi une baisse sensible des effectifs d’apprentis.
Cette baisse remet-elle en cause le dynamisme de l’artisanat ?
Pas directement : le secteur continue d’afficher un nombre élevé de créations d’entreprises. Mais le recul de l’apprentissage menace à moyen terme le renouvellement des compétences dans des métiers déjà confrontés à des difficultés de recrutement.
Sources
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale


