À Limoges, le congrès national des Compagnons du Tour de France a marqué l’histoire d’un métier resté longtemps très masculin. Le 1er août 2026, l’ébéniste Mayalen Vallette, originaire d’Osia-Valdelièvre, est devenue la seule femme reçue Compagnonne du devoir de liberté lors de cette édition, au sein de la société des menuisiers, serruriers et ébénistes.
Âgée de 29 ans, celle que ses pairs surnomment désormais « La Fleur des Beaux-Arts » avait rejoint le Tour de France du compagnonnage en 2021, après deux années de cours du soir et de cours du samedi auprès des itinérants. Un parcours exigeant, ponctué de chantiers dans toute la France, qui l’a menée jusqu’à cette réception solennelle, point d’orgue d’un compagnonnage complet.
Un chef-d’œuvre pensé au féminin
Pour sa réception, Mayalen Vallette a présenté un « billet doux », un meuble de style Art déco conçu comme un clin d’œil symbolique à sa place, encore rare, dans cette tradition. La pièce, mêlant marqueterie et finesse des lignes, a été dévoilée lors du traditionnel défilé qui a rassemblé les Compagnons et leurs chefs-d’œuvre de l’année dans le centre-ville de Limoges, les 31 juillet et 1er août.
Ce rendez-vous, organisé chaque année le 26 juillet en hommage à sainte Anne, patronne des menuisiers et des ébénistes depuis le XIIIe siècle, change de ville chaque édition et ne revient à Limoges que tous les treize ans. Un symbole fort pour la capitale limousine, qui accueillait cette année un tournant dans la représentation des femmes au sein du compagnonnage du bois.
Les femmes, encore minoritaires dans le compagnonnage du bois
Au niveau national, la société des Compagnons menuisiers, serruriers et ébénistes ne compte que trois femmes parmi ses membres. La réception de Mayalen Vallette illustre une évolution lente mais réelle d’un secteur de l’artisanat d’art historiquement organisé autour de filières masculines, du chantier à l’atelier.
- Un parcours de formation en alternance : cours théoriques le soir et le samedi, complétés par des missions itinérantes chez des maîtres artisans.
- Une reconnaissance par les pairs : le titre de Compagnon ou Compagnonne n’est décerné qu’après examen d’un chef-d’œuvre, jugé par la communauté.
- Une visibilité renouvelée pour les métiers manuels et artisanaux, en tension de recrutement dans plusieurs régions françaises.
Le compagnonnage, reconnu par l’Unesco au patrimoine culturel immatériel de l’humanité depuis 2010, continue de former chaque année plusieurs milliers de jeunes professionnels du bâtiment, du bois et des métiers d’art. Des parcours qui, comme celui de Mayalen Vallette, conjuguent excellence technique et transmission d’un savoir-faire vieux de plusieurs siècles, tout en s’ouvrant progressivement à une nouvelle génération d’artisanes. Ce mouvement s’inscrit dans une dynamique plus large de valorisation de l’artisanat d’art français, porté ces dernières années par des dispositifs de labellisation et de soutien à la transmission des ateliers.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’une Compagnonne du devoir de liberté ?
Il s’agit d’un titre décerné par la communauté des Compagnons du Tour de France à l’issue d’un parcours de formation itinérant, après la présentation et l’évaluation d’un chef-d’œuvre par les pairs. Ce titre marque l’aboutissement d’un compagnonnage complet dans un métier donné, ici l’ébénisterie.
Pourquoi le congrès s’est-il tenu à Limoges en 2026 ?
Le congrès national des Compagnons menuisiers, serruriers et ébénistes change de ville chaque année et ne revient dans une même ville que tous les treize ans. Limoges accueillait ainsi l’édition 2026, les 31 juillet et 1er août.
Combien de femmes compte le compagnonnage du bois en France ?
Selon les chiffres communiqués lors du congrès, la société nationale des Compagnons menuisiers, serruriers et ébénistes ne compte à ce jour que trois femmes parmi ses membres, ce qui souligne la portée symbolique de cette réception.
Sources
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale


