samedi, mai 15, 2021
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Transports : la révolution énergétique aura bien lieu

Le secteur des transports fait partie des plus gros pollueurs avec 29% des émissions de CO2.  Pouvoirs publics et entreprises sont mobilisés afin de décarboner nos activités avec pour objectif affiché le « zéro émission » d’ici à 2050. L’ambition est forte et doit être soutenue par des projets et initiatives d’envergure. Il en va de la crédibilité d’un secteur visible aux yeux de tous.

Sur le banc des accusés, le secteur des transports en France n’a plus le choix, il doit se réinventer. Dans tous les domaines – aérien, routier, fluvial et maritime –, le constat est sans appel. Industriels, pouvoirs publics et citoyens ont tous un rôle à jouer dans la bataille qui a déjà commencé. Les véhicules privés sont dans la ligne de mire avec 44,53 % des émissions de gaz à effet de serre issues du secteur des transports. La France a donc fixé l’arrêt de la vente des voitures thermiques à 2040, d’autres pays étant même plus volontaristes, comme le Royaume-Uni (2030). Deuxième mauvais élève : le transport routier (poids lourds et légers confondus), avec 27,39% des émissions de gaz à effet de serre. Le transport fluvial et maritime, et le secteur aérien, se partagent la 3e marche du podium. Ainsi, la principale révolution énergétique est d’abord attendue sur la route.

Véhicules particuliers : vers la révolution électrique

Dans vingt ans, les constructeurs automobiles ne commercialiseront plus de véhicules essence ou diesel en France. Mais la route est encore longue. En septembre dernier, les ventes de véhicules hybrides et électriques ne représentaient que 8,8% des nouvelles immatriculations. Si cela semble encore faible, cette proportion ne cesse d’augmenter. Les aides gouvernementales et la prise de conscience des consommateurs commencent à porter leurs fruits, même si l’acte d’achat reste encore freiné par la mise de départ. « Il faut aller le plus large possible, en particulier en termes d’accessibilité de prix et certaines technologies sont encore coûteuses, donc il faut être le moins discriminant possible en termes de technologies accessibles », explique Franck Marotte, PDG de Toyota France, leader du marché avec 70% des ventes dans l’Hexagone.

Hybrides, hybrides rechargeables, 100% électrique, l’offre est à disposition. Et pour favoriser l’essor de l’utilisation de ce type de véhicules, des aménagements sont nécessaires en amont, en termes de bornes de recharge par exemple. En octobre dernier, le gouvernement actuel – par la voix du ministre délégué chargé des Transports Jean-Baptiste Djebbari et par celle de la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili – a ainsi annoncé le plan Objectif 100000 bornes.

Sur le terrain, des initiatives dans ce sens sont déjà réalité, comme dans la région Provence Alpes Côte d’Azur (PACA) qui a signé un partenariat avec l’opérateur autoroutier Vinci pour verdir ses grands axes de circulation. Une coopération public-privé fructueuse à en croire la tribune commune à Renaud Muselier, président de la région PACA et Pierre Coppey, président de Vinci Autoroutes : « Cette alliance entre un acteur privé et une collectivité territoriale vise à accélérer le développement des mobilités bas carbone sur autoroute, en phase avec le plan climat de la région, “Une COP d’avance”. Le réseau autoroutier pourra accueillir des expérimentations de start-up, les aires de services pourront se transformer en hubs multimodaux ouverts sur les territoires (bornes de recharge, commerces, connexion avec le réseau routier…), des sites de production solaire sur les emprises autoroutières pourront se déployer. L’autoroute réaffirme ainsi son utilité environnementale, qu’une hostilité de principe à la route avait bridé ces dernières années. » Une initiative qui ne demande qu’à se généraliser sur les plus de 10 000 kilomètres d’autoroutes françaises.

Des infrastructures plus vertes

Si le développement des bornes de recharge électrique est déjà amorcé, le transport routier a bien d’autres projets en cours d’expérimentation. Au-delà du remplacement du parc automobile, le principal facteur de changement viendra de la route elle-même, et surtout des autoroutes. Partout en France, de grands chantiers mobilisent déjà des investissements massifs. À long terme, l’objectif des sociétés concessionnaires françaises reste le même : décarboner leurs activités. Cela passe par le recyclage à 100% des matières premières utilisées (au moment du réasphaltage des voies rapides par exemple), par l’électrification du réseau et par l’accompagnement du changement des usages dans lequel les automobilistes vont lentement se fondre, avec le covoiturage. Chez Vinci par exemple, cette vision motivée par la protection de la biodiversité porte un nom : l’autoroute bas carbone. « Avec le programme Autoroutes Bas Carbone, nous souhaitons faire du concret, explique Blaise Rapior, directeur général adjoint de Vinci Autoroutes. Les autoroutes françaises sont responsables de 135 millions de tonnes d’équivalent de CO2, l’objectif en 2050 est de 4 millions de tonnes. Pour y parvenir, nous travaillons sur deux axes, comme le montre le partenariat avec la région PACA : la mobilité électrique et hydrogène, et la mobilité partagée, avec par exemple des voies réservées aux transports en commun. » Si l’autoroute reste avant tout une infrastructure, son rôle est évident dans la décarbonation des transports et dans le développement de l’éco-mobilité.

Les grandes innovations de demain

D’autres innovations, à la généralisation plus lointaine, sont déjà à l’essai, comme chez le Français Eurovia qui met au point sa route solaire à énergie positive Power Road. Une route particulièrement innovante puisqu’elle utilise le revêtement bitumineux de la chaussée comme capteur solaire thermique, pour ensuite restituer la chaleur emmagasinée aux infrastructures environnantes. La France n’est pas seule lancée dans cette course effrénée vers le monde de demain. Partout sur la planète, des idées germent. En Allemagne, les autoroutes sont en train de faire une place aux poids lourds électriques avec le projet eHighways de Siemens, avec l’installation de caténaires. En Israël,  la start-up ElectReon travaille quant à elle à l’électrification des chaussées par induction pour permettre la recharge des véhicules tout en roulant… Le secteur routier sera donc le grand acteur de la révolution énergétique qui vient de commencer : véhicules et routes électriques, carburants bio et autoroutes bas carbone font – ou feront – bientôt partie du paysage.

Les biocarburants à l’honneur

Moins présents sur le devant de la scène médiatique, les biocarburants n’en font pas moins l’objet de recherche et développement de la part de grands groupes industriels français. Éthanol, biomasse, biogaz… les pistes sont nombreuses et les enjeux commerciaux évidents. « Le changement climatique est un sujet essentiel pour nous, assure Patrick Pouyanné, le PDG de Total. Pour opérer cette transition, nous allons introduire une partie d’électricité dans notre mix et transformer nos métiers traditionnels en faisant de la biomasse (biocarburants, biogaz) et en investissant dans des puits de carbone forestiers. »

Le futur passera aussi par l’hydrogène vert, de nombreux industriels sont en train de développer de vastes programmes de recherche dans le domaine. Une énergie destinée entre autres aux transports, sur terre comme en mer. En 2018, Nicolas Hulot l’avait déjà en tête pendant son passage au gouvernement, avec un premier plan de 100 millions d’euros pour la recherche dans le domaine de l’hydrogène, le gouvernement ayant réinvesti 2 milliards supplémentaires pour 2020-2021. Principale cible : le fret routier.

Côté transport maritime, la décarbonation est aussi en marche. Plusieurs pistes sont à l’étude, et complémentaires, entre énergie solaire et hydrogène. Pour ce dernier, les défis techniques sont encore importants, mais solubles. Comme l’écrit Jean-Michel Germa, président de Soper, « ses capacités de stockage étant limitées, il est plus adapté aux navires de cabotage dont le rayon d’action est réduit. Pour les navires hauturiers (transocéaniques), les carburants de synthèse biosourcés (diesel, éthanol, etc.) sont les plus adaptés, car ils permettent d’embarquer de plus grandes quantités d’énergie sous de faibles volumes ». Parmi les filiales de Soper, MGH développe également des technologies solaires en partenariat avec Engie, pour le stockage en haute mer de réserves d’énergie. Seul le transport aérien pêche dans la recherche de nouveaux moyens de propulsion. Dans les airs, l’heure est actuellement à la recherche de la sobriété maximale.

Nathalie Chambon
Fan de décoration et de design, j'en fais désormais mon métier, notamment grâce à ce journal où je viens parler de déco, de mode et des dernières tendances en terme d'architecture.

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